SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Bientôt des bâtonnets de méduses dans nos assiettes ?

Vous ayant proposé à plusieurs reprises ces dernier mois quelques posts discourant sur la multiplication d’articles et films documentaires exposant le degré d’urgence de la pêche industrielle, comme par exemple 2050, une mer sans poissons, j’ai recueilli quelques morceaux choisis d’un article du Midi Libre de cette semaine, où le spécialiste mondial Philippe Cury, basé à Sète, a été interviewé à cet effet, et confirme que si l’homme continue à surexploiter les océans, ils deviendront une soupe gélatineuse peu appétissante.

L’océan, garde-manger du futur. Cette immense soupe salée où vit la dernière ressource sauvage, peut générer de quoi nourrir l’humanité en produisant 100 millions de tonnes de poissons. A condition qu’on la renfloue : la pêche industrielle a vidé les mers de la moitié de sa biomasse en un siècle.

Claire NOUVIAN se bat avec un inébranlable optimisme. Désignée en décembre "Femme en Or de l’environnement pour 2013", directrice de l’ONG Bloom, elle est l’auteur, en 2011, d’une étude affolante : 90 % des cantines françaises proposent du poisson de fond, au bord de la disparition. Or on peut se passer de l’informe hoki de Nouvelle-Zélande ou des “saumonettes” (qui regroupent plusieurs espèces, dont le... requin en voie d’extinction). Pire, la plupart des espèces se sont nanifiées, faute d’avoir eu le temps de grandir.

"S’habituer à manger des trucs dégueulasses" Philippe Cury, directeur de recherche à l’IRD

La solution ? Manger davantage que la dizaine d’espèces exploitées dans le monde par l’industrie agroalimentaire et limiter la viande dont le coût environnemental est intenable, notamment en eau. Déjà utilisés en Afrique pour lutter contre la malnutrition, les produits de la mer, comme les algues, sont, eux, une vraie alternative.

Directeur de recherche à l’IRD (institut recherche et développement) à Sète (Hérault), Philippe Cury n’a de cesse de militer contre l’expansionnisme de l’homme. Il prône la gestion raisonnée des stocks comme en Alaska, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande.

Une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place

Et défend la primauté d’une pêche artisanale qui doit reprendre toute sa place. Sinon, il faudra "s’habituer à manger des trucs dégueulasses, maugrée le scientifique. Ingurgiter du merlu à la place de la lotte et surtout des... méduses", espèce qui a survécu à toutes les avanies écologiques. La morue ? Du luxe ! Sans parler de l’esturgeon ou du requin dont trois espèces sur cinq ont vu leur population chuter de 99 % en Méditerranée !

A défaut de poissons, des méduses dans l'assiette...

Des océans de plus en plus gélatineux, c’est la thèse de l’iconoclaste Philippe Cury qui publiera en mars 2013 un essai provocateur, justement intitulé Mange tes méduses ! Même s’il ne croit pas vraiment qu’au pays de la gastronomie, on se contente d’un mets translucide, sans saveurs et rempli de "flotte", la perte de biodiversité peut aller très vite.

Et nous jeter en quelques années ces bestioles en nombre dans l’assiette. Philippe Cury précise : "92 % des espèces sont surexploitées en Méditerranée et 30 au niveau mondial."

Outre les méduses, calamars géants, poulpes, carpes chinoises et certains bivalves pourraient être aussi régulièrement au menu. Pour déjouer ce scénario-catastrophe, il faut faire des choix. Vite.

Peut-être se contenter d’espèces moins nobles : sardine, anchois, maquereau. Problème, cette biomasse est, elle aussi, surexploitée - avec 37 % des captures mondiales, c’est le moteur des écosystèmes marins - mais pas pour nourrir l’homme. En majorité, ces poissons sont transformés en farine pour l’alimentation animale, cochons et poulets, en tête.

Les méduses à la place des sardines

Il faut aller voir plus loin pour comprendre l’abîme. Mer de Bohai, en Chine, mer du Japon ou en Namibie, où 12 millions de tonnes de méduses ont pris la place des 10 millions de tonnes de sardines : à chaque fois, même scénario : "L’écosystème fonctionne bien avant qu’on ne surexploite d’abord les grandes espèces, puis, après leur amenuisement, les petites...", précise Philippe Cury.

S’ajoutent à ce cocktail, le chalutage qui stérilise les fonds raclés et le changement climatique qui favorise une seule espèce, la méduse. Elle participe elle-même de la surexploitation, engloutissant des tonnes de larves de poissons menacés... Philippe Cury est le premier à avoir publié, en 2012, dans la célèbre revue Science une loi universelle liant surpêche, disparition d’oiseaux marins et celle des écosystèmes.

Et pourquoi pas aussi des quiches aux vers...

Il ne croit pas à une société qui se résoudrait à ingurgiter insectes, criquets et vers bourrés de protéines pour satisfaire ses neuf milliards de Terriens d’ici cinquante ans. Même si, déjà, en France, des agriculteurs expérimentent une production de grillons pour farcir des barres énergétiques. Et qu’aux Pays-Bas, des chefs concoctent quiches aux vers, et mousses au chocolat aux sauterelles…

Ci-après, la vidéo de WWF: 2048, une mer déserte ?

 

Sources: Midi Libre / Bloom Association / WWF

 

 

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