SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

"Je n’ai plus d’air !!!" Nous non plus Monsieur Le Guen ;-)

Je ne vais pas en faire toute une histoire, (petit clin d’œil à JLD qui nous a quitté hier :-(   … ), mais bon, tout le monde en parle, et je ne vois donc pas pourquoi je ne le ferai pas !!

Moi aussi je patiente jusqu’au 5 septembre, tout comme vous !! Il n’y a que lui qui ne patiente pas dans cette histoire !!

 

Lui ?? Et bien c’est Monsieur Francis Le Guen l’auteur de la nouvelle collection « Carnets de Plongée », !!!

Je veux bien attendre, patienter gentiment, mais il pousse le bouchon un peu trop loin, Francis… !!

Et voilà, que Monsieur l’auteur décide de narguer encore plus notre impatience en publiant quelques extraits de ses livres, ainsi que d’autres textes qui n’ont pas été retenus dans la sélection finale…

Comment peut-on traduire ou expliquer une telle provocation ?

Mais ce n’est pas fini, il ne s’arrête pas là, le voici nous provoquant avec un autre post :

« Comme promis, voici cette fois un « texte intégral ». Ne concernant pas directement la thématique de « Narcoses« , vous ne le retrouverez pas dans le livre : je vous l’offre ! » …

Dites moi pas que c’est pas vrai ??? Ce premier opus aurait pu s’intituler « Narguoses » !!

Bon allez, on y est presque… J-11 !!

 

Mais la précommande est dispo !!! « AH AH, dans l’récif Francis !!! Vous ne nous tiendrez plus longtemps !!! »

Heureusement que les baleines n’ont pas le mal de mer, cela nous a permis de gérer...!! (Mince, désolé Caroline, mais je viens de lâcher une info sur les baleines…)

Bref, voici les 4 extraits, « Une sirène de peau lisse… », « Panne d’air dans les toilettes », « Je n’ai plus d’air ! », et en parlant de récif, le premier extrait est…

 

Le récif aux requins

Ras Mohammed… Moins 32 m dans un courant de folie ! Nous commençons enfin le premier tournage des Carnets de Plongée par le plus célèbre site de Ras Mohammed : Shark Reef, le récif aux requins. Ani, l’un des rangers plongeurs du Parc National nous guide. Le bleu profond nous happe dans son obscure clarté et nous filons dans le courant, libérés de la pesanteur et des soucis de « ceux d’en haut »…

C’est une plongée difficile : le courant est trop fort pour qu’on puisse le remonter à la palme mais c’est pourtant ce que nous tentons de faire plusieurs fois, pour au moins ralentir et saisir dans le bon axe l’incroyable densité de poissons pélagiques. Le jeu consiste à me trouver avec Ani dans le champ de la caméra de Jeff, au milieu des poissons, tout en étant éclairé par Patrick. Un numéro de chaise musicale…

Proches de l’essoufflement, dans le cafouillage inhérent aux équipes qui se cherchent aux première heures d’un tournage, nous nous laissons glisser de guerre lasse le long de la falaise sous-marine où fleurissent les palmiers roses fluo des coraux mous et ouvrons grands les yeux : ici, chaque été depuis que le monde existe, des centaines de bancs de poissons se rassemblent où les courants s’embrassent ; s’effaçant à peine pour nous laisser le passage…

 

Une sirène de peau lisse…

Malgré mes nombreuses plongées en Mer Rouge, je n’étais jamais venu à Sharm El Sheikh et il m’avait semblé naturel de proposer cette destination très populaire pour débuter la série. Mais je ne m’attendais pas à la rencontre que nous allions y faire… Depuis quelques minutes, tandis que le tombant de Shark Reef continue à défiler, Ani ne répond plus, le cou tendu vers le bleu, imité par mes deux compagnons… Et alors, je la vois : une plongeuse entièrement nue à l’exception d’un masque, de palmes, d’une bouteille sans stab, et sans doute (quand même) d’un string fondu dans sa plastique de rêve ! Elle dérive dans le bleu, encadrée de ses deux compagnons, deux poissons pilotes bardés de gadgets dernier cri et le contraste n’en est que plus saisissant… Un autre bateau a du larguer à cet endroit cette singulière palanquée italienne, ce qui donne tout de suite le ton de ce que signifie plonger à Sharm : des décors sous-marins superbes et souvent préservés, mais une fréquentation record. Je n’ai jamais vu autant de plongeurs que lors de ce premier tournage !

Aujourd’hui, une sirène mais pas de requins : ils sont bien trop profonds. Mais on raconte qu’on leur doit la création de la réserve… L’histoire commence avec la venue de Sylvia Earle, grande océanographe américaine, dans ces eaux bleues du Sinaï : elle dénombra tellement d’espèces de requins que le soir même, invitée à un cocktail présidentiel, elle s’en ouvrit à Anouar El Sadate, le suppliant de classer le site. Le sage président lui répondit : “ d’accord, à condition que vous fassiez plonger mon fils afin d’en faire un homme! ». L’enfant plongea, les requins ne le mangèrent point, et le site s’ouvrit au reste du monde en tant que Parc National…

 

Panne d’air dans les toilettes

Le lendemain, nous refaisions cette plongée. En effet, un programme comme Carnets de Plongée nécessite dix fois plus de « rushes » que ce qui sera monté au final. Encore 1h30 de bleu plein les yeux.

A priori, je suis un plongeur expérimenté mais je vais découvrir ce jour là à mes dépends que je suis aussi devenu un « animateur de télé », ce qui fausse complètement la donne… Vers la fin de la plongée, limité en air depuis un moment, je respire avec une paille. Nous avons en effet passé pas mal de temps au niveau des toilettes du Yolanda, une épave sans grand intérêt chargée de matériel sanitaire, qui plait pourtant beaucoup aux plongeurs et, pour la caméra, je me suis appliqué à faire de belles bulles…

Et puis, un gros mérou tacheté, carnassier taillé pour la chasse, nous fait la grâce de ses virevoltes devant l’objectif : un cadeau qui ne se refuse pas… Autant l’avouer tout de suite, afin d’optimiser les séances de prises de vue sous l’eau, nous sommes conduits souvent à tirer un peu sur la réserve. En bref : faites ce que je vous dis mais surtout pas ce que nous faisons !

Cette fois, l’air n’arrive vraiment plus et nous sommes encore dans les 25 mètres. Je suis tranquille : le moniteur « du jour » chargé de notre sécurité est légèrement au dessus de moi. Bras croisés, immobile, vertical dans le bleu, regard blasé sur la scène : en lévitation… Attitude qui a le don de m’horripiler mais, au moins, je suis sûr qu’il a de l’air à revendre ! Je m’approche et lui fait le signe « plus d’air », afin de remonter tranquillement à deux. Il me regarde alors fixement avec des yeux ronds de baliste endormi dans son cocon… Je réitère mon signe « de détresse » (ce signe est censé provoquer une intervention immédiate…) : toujours aucune réaction. Une troisième fois, alors que j’aspire ma dernière goulée d’air « au forceps » : je vois alors ce grand blond avec ses palmes noires me tourner le dos et se sauver vers la surface ! Bientôt suivis par mes équipiers déjà hors d’atteinte, lestés du matériel de prise de vue et d’éclairage et qui ignorent superbement mes gesticulations à la hauteur de ma glotte. Mais ils ne me voient donc pas ?

 

Je n’ai plus d’air !

 

Et puis je comprends soudain la terrible méprise et la solitude du « plongeur-acteur ». Mes collègues, habitués à ma faible consommation d’air, croient que je répète un plateau sous-marin ! Ils pensent que je « joue la comédie »… En fin de cassette, ils me font même le signe « fin de tournage » et remontent sans se poser de questions alors que je commence à prendre la couleur du Bernard l’Ermite !

A moi donc, les joies de la remontée en apnée (en expirant, naturellement)… Mais j’émerge loin du point de récupération et me fait drosser assez sévèrement par la houle jusque sur un banc de corail qui m’emprisonne de toute part. Entre deux tasses, je parviens à me mettre debout sur le récif pour enfin échapper aux rouleaux et signaler ma présence, m’ouvrant le pied au passage. Bain de sang ! Ma combinaison « de scène », toute effilochée, ressemble maintenant à celle d’un trappeur du Far West et je ne suis pas fier d’avoir infligé quelques dégâts au récif…

L’équipe se rend finalement compte qu’elle a perdue l’animateur et un Zodiac vient me chercher avant que je ne prenne littéralement racine sur le platier.

Moralité : quand on vous fait un signe de plongée, réagissez, ce n’est pas pour la télé ! Et ne « tirez » jamais sur l’autonomie…

 

Extraits de "Narcoses" - Edition Glenat

 

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