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La Chine commence enfin sa lutte contre la soupe d'ailerons de requin

Le Conseil d'Etat chinois a annoncé mardi qu'il allait s'attaquer à la soupe d'ailerons de requins. Sa première décision sera de bannir le plat des banquets et des célébrations officielles. Un pas hautement symbolique, mais qui ne serait appliqué que d'ici trois ans.

Les requins pourraient avoir un peu de répit : d'ici trois ans il ne passeront plus à la casserole chinoise, tout du moins lors des repas officiels. La soupe préparée à base de leurs ailerons devrait être radiée des menus et des banquets donnés par le gouvernement. Néanmoins, la prohibition totale du plat n'interviendra pas demain. Selon les autorités chinoises, elle pourrait prendre jusqu'à trois ans.

Bien que l'on ignore comment les Chinois vont mettre en place l'interdiction, les associations environnementales, travaillant avec les Etats-Unis et la Chine se réjouissent de la nouvelle. Cette décision représente un changement majeur dans la manière de considérer le prédateur numéro un des océans. "Nous pouvons enfin voir que la Chine, premier consommateur mondial d'ailerons de requins, prend des mesures pour protéger les requins de leur important et insoutenable commerce", se félicite Crawford Allan, diecteur de TRAFFIC Amérique du Nord, un bureau régional du WWF.

Avec Hong Kong et Taiwan, la Chine est le principal contributeur du déclin rapide de la population mondiale de requins. Ces pays représentent 95% de la demande pour la pêche au squale, selon des chiffres dévoilés par le Global Times.

 

 

Durs, nerveux et filandreux La consommation de soupe aux ailerons de requin remonte à la Dynastie Sung, entre 960 et 1279, quand les élites au pouvoir ont commencé à manger des nouilles à base d’arêtes situées dans les nageoires des squales. Considéré comme un met de choix, le plat se popularise durant la Dynasite Ming, au XVe siècle, et devient un incontournable sur les tables des banquets. Alors que sa consommation était pointée du doigt à l'avènement du Parti Communiste en 1949, la soupe d'ailerons de requins a connu un nouvel essor durant les vingt dernières années.

Elle est aujourd'hui considérée comme une marque de respect lors des mariages ou des repas d'entreprise. La soupe symbolise la richesse, la puissance, le prestige et l'honneur. La préparation originale nécessite des ailerons prélevés sur n'importe quelle espèce de requin. Les Chinois utilisent tant l'aileron dorsal que les nageoires pectorales et même la queue. Les morceaux crus sont d'abord dépossédés de la peau, puis coupés et colorés.

Toutefois, selon Keith Bradsher, correspondant du New York Times en Chine, les ailerons sont décrits comme étant "durs à mâcher, nerveux et filandreux". Nombre de personnes qui essayent la soupe pour la première fois ne lui trouvent aucun goût. Un substitut fait de soja a même été inventé et commercialisé en Chine.

 

Un commerce pas si lucratif Plusieurs études ont démontré que les requins généraient plus de revenus en tant que centre d'intérêt pour les plongeurs et les touristes, plutôt que dans la vente de leurs ailerons. Des scientifiques australiens ont calculé qu'un requin de récif nageant dans les eaux de Palaos (un archipel du Pacifique) contribuait à hauteur d'1,5 million d'euros à l'économie nationale durant sa vie complète. Le tourisme lié à sa présence rapporte lui plus de 14 millions d'euros par année.
"Ce changement en Chine prouve qu'il y a maintenant une tendance globale de la population à reconnaître les requins comme une ressource bien plus intéressante lorsqu'il évolue en liberté dans l'océan plutôt que dans un bol de soupe", commente Beth Lowell au Washington Post, directrice de campagne du lobby Oceana.

Les scientifiques estiment que 26 à 73 millions de requins sont tués chaque année au nom du commerce de leurs ailerons. A ce chiffre dramatique, il faut ajouter les millions de squales morts dans des chocs avec des bateaux de pêche à la recherche de thons, d'espadons ou d'autres espèces. Un tiers des espèces de requins est menacé d'extinction, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

 

La tolérance zéro de l'Illinois Bien que les Etats-Unis ne soient responsables que d'une infime part du commerce d'ailerons de requins, de nombreux Etats ont institué une interdiction de vente, d'achat, de possession et de distribution d'ailerons. Dimanche dernier, le gouverneur de l'Illinois, Pat Quinn a ainsi promulgué une telle loi : "en limitant le marché des ailerons de requins, nous pouvons aider les populations de requins à survivre et se reproduire dans le monde entier".

Quatre autres Etats - le Washington, l'Oregon, la Californie et Hawaii - ont imposé des restrictions similaires. Pour Christopher Chin, directeur du Centre pour la conscience océanique, la recherche et l'éducation basé à San Francisco, introduire une telle loi est fondamental puisque "cela reflète l'importance de la fragilité de nos ressources océaniques pour le monde entier, qu'elles soient proches de nos côtes ou à des milliers de kilomètres de celles-ci".

 

Source: Maxisciences

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