SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Le Grec

Depuis mes premières bulles j’écoutais déjà les échanges de plongeurs chevronnés à propos des épaves, instants apparemment fantasmagoriques.Je prêtais un peu plus d’attention sur les propos d’une plongée méditerranéenne,référence en matière d’épave et pas trop loin de chez moi.

Il s’agit d’un spot où se trouvent, espacées de quelques centaines de mètres, deux belles épaves : le Donator et le Grec.


Et c’est donc sur la proposition de mon beau frère que je prenais enfin la direction de la première épave, The Donator.

Arrivés sur zone, le Maitre de cérémonie"Jéjé" de la Londe les Maures, stoppa net mes espoirs d’une première, puisque la mer bougeait  pas mal. Même des pompiers en entraînement sur le site nous remontaient des informations collant parfaitement aux impressions de notre directeur de plongée...

Les premières indications m’alertaient donc sur le fait que cette plongée devait être bien préparée car le courant peut être extrêmement violent sur le site. De nombreux plongeurs faisant fi de cet aspect, on fait soit une plongée de surface, soit au fond n'ont pu contempler le Donator que de loin sans jamais l'atteindre.


Je n’ai pas eu le temps d’être déçu, que le patron avait mis quelques poignées de gaz pour être à l’aplomb de l’autre épave, le Grec.

Le Sagona, anciennement nommé le Grec, vient du fait que l'équipage et les papiers de bord étaient grecs au moment du naufrage le 3 décembre 1945. Il a été construit en 1912 à Dundee, et passe de compagnie en compagnie Newfoundland Produce, puis Reid Newfoundland, l'Etat,Culiford Associated Lines, enfin, en 1943, Zarati qui lui fait porter pavillon panaméen.

Chargé de vin, le Sagona passe un peu trop près de la terre et s'engage dans la zone dangereuse de la Grande Passe. Une mine oubliée explose à bâbord avant, et le bateau coule immédiatement. Ce naufrage fait deux morts et un marin est porté disparu. La violence de l'explosion coupa le cargo en deux, détruisant le pont et les superstructures.

Le Grec est en 2 morceaux, mais à la différence du Donator ceux-ci sont beaucoup plus espacés. La descente se fait en pleine eau. La visite peut débuter par la poupe et notamment par l'hélice à47 m qui est la partie la plus profonde de l'épave. Ensuite on remonte sur une dunette à 40 m. Juste après on tombe sur l'écoutille qui est ouverte, et permet de descendre dans la cale. Celle-ci est vide et sans grand intérêt. En ressortant,un petit arrêt s'impose pour contempler l'énorme treuil du Grec.

Progressant vers la cassure, on arrive sur les superstructures des cabines et des salons dans lesquels on peut pénétrer.On traversera les coursives à 35 m qui sont absolument somptueuses, pour déboucher sur la cheminée. Celle-ci bien qu'abîmée, est de taille respectable.On se sent d'ailleurs tout petit à côté. Sur tribord il reste deux porte manteaux, dont un est tourné en direction de la cheminée. Puis on arrive àla cassure qui permet de pénétrer dans l'épave, en gardant toujours à l'espritles risques que cela peut comporter. La proue est distante de 60-80 mètres endirection du nord de la poupe. Elle se trouve à la même profondeur que l'hélicesoit 47 m. Le mât s'y trouve encore, mais comme pour le Donator depuis peu, il est couché sur bâbord. Cette partie, hormis la faune qui y vit, ne revêt pas un très grand intérêt. La visite de la totalité de l'épave est possible mais dépend apparemment principalement des conditions de courant, de l'entraînement des plongeurs et de la réserve d'air à disposition…

Je confirme qu’au fond, ça bouge de chez bouge. J’ai été impressionné. Petite anecdote d’ailleurs, pendant la descente,je tâtais mon gilet de partout car impossible d’attraper mon appareil photo, (beau petit G9 dans son caisson). Mon beauf me voyant gesticuler comme un aliéné m’interrompt dans mes recherches et je lui fais comprendre que je cherche ce foutu appareil. Ce maudit boitier était dans mon dos, relié à mon gilet par le cordon élastique qui va bien. Ok, j’suis pas dingue, je l’avais bien pris avec moi, la descente continue. On arrive sur la grosse masse que l’ont distingue encore à peine. Là, premier contact, je décide de prendre une photo, je cherche à attraper à nouveau mon cordon. Introuvable une seconde fois. Je me remets à faire de la figuration (l’air d’un con JeanPierre…). C’est là que mon beauf me revoit dans mon 2eme ¼ d’heure de psycho,si bien qu’il croyait que je ‘narcosais’, pour vous dire que quand je cherche quelque chose, ça se voit…


Bref, il comprend que je recherche mon graal, et tourne autour de moi pour me le re-repasser. Il se remet devant moi et me fait comprendre que… nada, niente, rien !!! Et pendant toute la plongée j’ai cherché à comprendre ou pouvait il être…

Le fin mot de l’histoire, je l’ai eu sur le bateau où avec mon binôme on a refait le déroulé de la plongée. En fait, lors de la 1ère « recherche », pour me passer l’appareil, il l’a décroché du cordon... Une fois en main, pour moi je l’avais bien avec moi et toujours relié à mon gilet pour la descente… Que Poséidon (ou un touriste) en prenne soin, car je l’aimais bien…


Pour conclure cette mésaventure, à noter que mon beauf d’enfer qui était encore plus dégouté que moi s’est senti incriminable dans L’affaire X-Files sur le Donator,  et m’a offert quelques semaines après, LE superkit HD HERO de GoPro. Troooop content !!

Bon revenons à nos moutons…Nous arrivons sur le site.  Une silhouette sombre immense comme je l’imaginais,C’est très difficile de décrire la faune et la flore vivant sur ce récif bienfourni. Le bâtiment est littéralement recouvert de grandes gorgones rouges etjaunes, d'éponges, d'alcyons… Les coursives sont les parties les plus colonisées. Partout sur l'épave on retrouve d'immenses bancs des inévitables anthias, castagnioles, sars, entourés par des dorades royales de folie, le rêved’un pêcheur. Dans les recoins du navire de nombreux chapons, rascasses brunes et rouges se dissimulent. Le top a été de tomber nez à nez avec un mérou de l'au-delà, le Barry Whyte des mérous !!

Le temps imparti étant passé, sans palmer on était presque au bout de l’épave tellement le courant était fort. Bien qu'une partie de mon cerveau était encore ‘collée’ à mon G9, j’ai vraiment halluciné sur la concentration de vie qu’il existe sur 54m de métal mort.

Petite remontée avec juste un palier de 5mins à 3m, en parachute dérivant, et testant pour l’occasion le Nitrox de mon associé.  Arrivé en surface, instantanément j’ai pu m’apercevoir de la distance parcourue, incroyable !!!

Et voilà, c’était fait. Ma première épave…Le Grec.

 

 

N’ayant pas eu de film de cette …expédition, (c’est bon, ça va !!!), j’ai trouvé un film sur Youtube assez sympa, bien entendu sur le Grec, mais avec le même bateau, et en plus filmé avec une GoPro… ;-)

 

 

 

 

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