SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Méditerranée : tous concernés !

Une enquête d'Etat a été lancée sur le net pour permettre au public de s'exprimer sur la préservation de notre mer

 

Consultez, il en restera toujours quelque chose. Les habitants de Provence-Alpes-Côte d'Azur (et les autres d'ailleurs) seraient bien inspirés de s'emparer de l'enquête publique qui a démarré hier sur le "plan d'action" pour la Méditerranée (1).

Car, comme le dit Nicolas Chardin, chargé du dossier à la Direction interrégional de la mer Méditerranée, "c'est le dernier étage de la fusée lancée pour cette mer". Auparavant, pour définir les mesures exigées par l'Europe pour parvenir en 2020 à une Méditerranée en bonne santé, professionnels, scientifiques et associations écologistes ont été consultés.

 

Tout sera examiné

"Notre direction et l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée Corse, qui va investir 100 millions par an pour des actions d'envergure, prendront en compte cette parole citoyenne", assure Nicolas Chardin. Maîtrise des apports de pollution à la mer, menaces que font peser la plaisance, la pêche ou l'activité industrielle côtière sur le milieu marin, eaux de ruissellement souillées qui polluent les plages, tout sera examiné pour des mesures effectives en 2015.

Car l'urgence est là, avec ainsi en 2013 la fermeture définitive imposée par la loi des zones de baignade trop souvent polluées. "Les participants pourront le faire sur l'état des lieux, sur ce qu'ils connaissent de nos côtes et nos fonds et qui ne figurerait sur nos cartes. Ils pourront aussi définir ce qu'est pour eux le bon état écologique de la Méditerranée. Enfin, ils auront à définir ce que sont pour eux les grands enjeux pour la Méditerranée, en mer et sur les côtes." Alors, à vos souris pour la Grande Bleue.

(1) www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr

 

Le port de Marseille-Fos recrée des récifs poissonneux sur ses digues

C'est l'histoire d'un ingénieur chargé des digues et des quais qui avait envie d'aller voir dessous ce qui s'y passait. Jean-Michel Bocognano, amoureux de plongée sous-marine et en charge du développement durable au Grand Port Maritime de Marseille-Fos étudie les bassins commerciaux comme des lagons.

"L'activité portuaire a eu un impact considérable sur ce secteur de la Méditerranée, reconnaît sans langue de bois cet "architecte océanographe" devenu biologiste. Mais tout un travail a été fait pour le réduire et pour mieux connaître le milieu sur lequel les bateaux, les activités portuaires évoluent."

 

Il y a encore des efforts à faire

Cela a par exemple conduit à une cartographie du golfe de Fos qui a mis en évidence un herbier de Zostères dans l'anse de Carteau. Les travaux dans un bassin proche ont été modifiés pour limiter les dépôts et ne pas trop troubler l'eau de cette zone et préserver la flore et la faune très riche.

"Nous avons aussi oeuvré pour un assainissement conforme sur les quais et les terre-pleins afin d'assurer une qualité correcte de l'eau des bassins. Même s'il y a encore des efforts à faire sur les eaux pluviales qui se mêlent à des eaux usées et se déversent. Lors d'une réunion avec le parc marin de la Côte Bleue, j'ai aussi été avisé d'ancrages de navires de commerce sur des herbiers de posidonies."

Le Port, vaste réserve

La protection des bassins et des zones de mouillage lui fait jeter un autre regard sur ce port. Avec notamment l'expo, "Sous les bateaux la vie" de Laurent Ballesta qui montre que des espèces comme des raies, des vers tubicoles, des crabes, des grandes nacres prospèrent dans les bassins.

"On peut aussi considérer le Port, où la pêche est limitée, comme une vaste réserve. Les 7 km de côtes de la partie marseillaise du port, avec les bassins, les digues, les "créneaux", représentent 30 km linéaires de quais. Dans le cadre du programme "Girel", nous mettons en place divers aménagements pour créer des habitants protecteurs pour les "juvéniles", les jeunes poissons."

Printemps 2013, début du programme

Cela donne ainsi de gros oursins artificiels au milieu desquels les mini-daurades vont se réfugier, des cages métalliques plates - pour ne pas heurter la coque des navires amarrés - remplies de caillous et fixées le long des quais comme maisons sous-marines.

"Nous allons aussi coller avec de la résine sur les digues des macro-algues qui existent déjà sur la côte et où se développe un milieu très riche pour qu'elles recolonisent le port." Ce programme majoritairement financé par l'Agence de l'Eau, le Pôle Mer Paca, le Port et des partenaires privés est testé dès le mois d'août et sera lancé au printemps 2013.

 

Source: La Provence

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