SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Pêcheur, pauvre pêcheur ton filet pêche bien après l'heure !

Une brève quasi estivale comme un billet d'humeur qui se veut l'écho de ce que mes amis témoignent sur FB depuis quelques mois, voire quelques années. De nombreux sites rocheux, épaves et autres récifs artificiels sont pollués de ces filets abandonnés car empêtrés sur ces reliefs qui sont aussi nos sites de plongée.

 

La perte d'un filet ordinaire est déjà en soi une catastrophe pour le propriétaire mais j'ai bien du mal à rester neutre en constatant les dégâts opérés par ces reliques d'une volonté farouche de ratisser les fonds toujours plus près des zones côtières ou des reliefs sous marins …

En l'espace de quelques mois je relève des témoignages: La présence puis l'opération d'enlèvement d'un filet sur le site de la pierre de Briançon sur Marseille, de l'autre côté  de l'ilot du Planier un filet perdu a contraint des plongeurs loisir autonomes à désincarcérer un poisson lune , celui de la photo n'a pas eu cette chance !

 

Dans la baie d'Aigues Mortes l'épave du Suédois et de l'Italien sont littéralement recouvertes de filets, certains sont très visibles en coton dégradable, abandonnés là par un chalutier avec le système de patins parfois. D'autres filets plus piègeux continuent à pécher bien que jamais l'équipage qui les a accroché là ne viendra les récupérer.

C'est ainsi que Dimanche lors d'une plongée sur ces épaves au large de l'Espiguette deux plongeurs ont sauvé d'une mort certaine un homard de belle taille.

 

Le geste peut apparaître dérisoire d'autant que d'autres fois déjà un sauvetage similaire avait été opéré. ..Je n'ai pas tous les détails de cette opération de sauvetage mais il semble bien que les jeunes plongeurs en question préfèrent voir des homards libres...Gageons que cette engeance d'éco- plongeurs fassent des petits de Collioure à Palavas et Marseille et aux 4 coins du monde.

 

Je sais que cette attitude face aux animaux marins n'est probablement pas la panacée et que l'abandon des filets dérivants nylon est inévitable même si le temps qui passe vide les océans à chaque instant un peu plus.

Je me sens d'humeur optimiste quand ces sauvetages désintéressés se multiplient ici ou là.

Ma bonne humeur ne me quitte pas non plus lorsque je sais que le jeune Melvin que j'accompagnais un jour à la découverte des fonds locaux avait été littéralement paniqué après que notre chemin ait croisé un filet perdu, et bien ce jeune plongeur a pardonné à son moniteur et au filet pour la frayeur engendrée puisque cet été il sera de nouveau dans l'eau!

 

Je suis toujours en mode enthousiaste aujourd'hui quand je sais l'implication d'une frange des plongeurs bio et de l'ONG Océanium  sensibilisant encore cette année les pécheurs et les populations avec une opération récupération de filets nylon au Sénégal...

je cite Surfrider Fondation Europe:

 

« Sur les 15 000 embarcations de pêcheurs artisans que comptent le Sénégal, la grande majorité d’entre elles utilisent des filets maillants constitués d’éléments monofilaments et multifilaments en nylon. Pourtant interdits par l’article 30 du Code la pêche, ces filets engendrent une pollution marine et représentent une menace pour les ressources halieutiques.

En effet à cause de la diminution des stocks de poissons, les pêcheurs artisans posent leurs filets à proximité des fonds rocheux et des épaves, là où la concentration de poissons est plus importante. Seulement bien souvent, ces derniers s’accrochent au relief ou tout autre support présent dans les fonds sous-marins. Dans l’incapacité de les remonter, ils sont laissés à l’abandon par leurs propriétaires. Et favorisent de surcroît la pollution marine et la surpêche. Car une fois perdus dans l’eau, ces filets en nylon ont une durée de vie estimée à 400-500 ans.

Pendant cette durée, ils continuent de pêcher pour personne, créant alors un cercle vicieux et sans fin : le poisson une fois pris dans les mailles constitue une proie facile pour les autres prédateurs, qui à leur tour se font prendre dans le filet.

Aujourd’hui, l’interdiction des filets en nylon par la loi sénégalaise, qui préconise l’utilisation du filet en coton plus coûteux mais biodégradable (6 à 12 mois), constitue un des points les plus sensibles de la réglementation du secteur de la pêche. Malgré une certaine prise de conscience de leur responsabilité, les communautés de pêcheurs peinent à changer leurs habitudes.


... l’ONG sénégalaise Océanium, très investie dans la protection de la mer, décide de retirer tous les filets perdus en nylon des fonds-marins de la région de Dakar, de sensibiliser tous les acteurs de la pêche (les pêcheurs, services techniques et l’Etat) par le cinéma-débat et la médiatisation. Afin de relancer le débat sur l’utilisation incontrôlée des filets en nylon, et de trouver des solutions communes pour faire vivre une pêche responsable au Sénégal »

 

 

Oh pécheur, pauvre pécheur contraint à la nuit de passer sur nos têtes à 400 m des côtes menaçant la sécurité de plongeurs loisir , que cherchais tu dans si peu d'eau ? Tes filets perdus peut être ?

 

Bon été à tous et toutes et belles plongées curieuses et merveilleuses ici et ailleurs !

Je souhaite à tous et toutes de belles rencontres sur et sous l'eau

 

Pascal

 

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