SCUBA - PHOTOGRAPHY

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Pourquoi les requins s’approchent des côtes?

Requins blancs, moines ou pèlerins, les squales s’approchent de plus en plus des côtes du Var comme des Alpes-Maritimes.Un phénomène paradoxal qui intrigue les scientifiques.

 

Au début du mois d'août, c'est un grand requin blanc qui fit un bout de chemin dans le sillage d'un bateau de plaisance à quelques centaines de mètres du port de Saint-Tropez. Quelques jours plus tôt, le 3 août, un autre requin était repêché par la brigade nautique de Théoule à un jet de pierre de la pointe de L'Esquillon, près de Cannes. Cette fois, le prédateur d'environ trois mètres était mort et bien mort, manifestement victime des hélices d'un yacht pour s'être sans doute aventuré trop près des côtes.

Comme l'été dernier, ce sont plus d'une dizaine d'alertes au « shark » qui ont émaillé la saison estivale dans le Var comme dans les Alpes-Maritimes... Le 29 juillet à Cagnes, c'est un requin moine de 1,20 m qui fit sensation. Cinq jours plus tôt, un pêcheur varois ramenait un requin taupe qui fut l'attraction du jour sur le marché au poisson de La Seyne. Partis à la pêche, Allan et André Maury avaient, eux, au début de l'été, suivi et filmé un « énorme requin de plus de cinq mètres », à quelques centaines de mètres seulement de la presqu'île de Giens.

Les Dents de la mer à Villefranche... en 1884

Pas de panique cependant. Aucun « remake » des drames survenus à La Réunion n'est, a priori, à craindre (voir ci-contre). Non pas qu'il n'y ait jamais eu de tel drame sur la Côte d'Azur. Considéré comme très fiable par les scientifiques spécialistes de l'étude des sélaciens, Shark Attack File, une banque de données internationale qui recense tous les accidents impliquant des squales, exhume des drames oubliés de tous qui font froid dans le dos. Celle d'un jeune adolescent mortellement blessé par un ancêtre de Jaws entre Nice et Villefranche à la fin du XIXe siècle, notamment (voir ci-dessous).

Il n'empêche que la multiplication des signalements de grands ou de petits requins à proximité de nos côtes n'en constitue pas moins une énigme : « Il n'y a pas d'explication aujourd'hui sérieuse,confirme Olivier Dufourneaud, chargé de mission pour la politique de protection des océans de l'Institut océanographique de Monaco.Et mieux, ces constats sont paradoxaux. Une grande partie des espèces de sélaciens est en danger critique d'extinction. Jusqu'au XIXe siècle par exemple, la Baie des Anges était infestée de requins, les anges des mers, parfaitement inoffensifs, mais qui ont totalement disparu de nos côtes ».

 

Les scientifiques longtemps « tétanisés »

Alors ? Sauf par pure espièglerie ou désir improbable d'auto-alimenter leur sanglante légende en mode Dents de la mer, pourquoi les requins semblent, d'année en année, rôder de plus en plus près de nos côtes ? « Tout simplement, sans doute, parce que ce ne sont pas eux qui s'approchent davantage, mais que ce sont les hommes qui multiplient les activités en mer. »

Un constat qui, depuis les drames de La Réunion, interpelle le milieu scientifique : « Étrangement, comme si nous étions tétanisés par la mauvaise et le plus souvent injuste réputation de ces animaux, le monde scientifique n'a pas poussé très loin l'étude du mode de vie, de comportement des requins. Mais ceci est en train de changer.»

Source: Var Matin

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