SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Queue de serpent ou pattes de singe?

Durant mes plongées dans les eaux de la baie d'Aigues mortes, force est de constater qu'un animal singulier nous tient compagnie été comme hiver, semblant être indifférent aux aléas météorologiques, aux températures hivernales ou même à la turbidité liée aux coups de vent ou aux courants. Il n'y a que l'exposition au soleil qui semble le faire réagir et chercher un coin d'ombre en rampant sur le fond. Je veux parler ici des ophiures.

 

Les ophiures sont connues à l'état fossile depuis environ 500 millions d'années et sont exclusivement marines. Elles se rencontrent depuis la zone littorale jusqu'aux grands fonds. Elles sont très communes et souvent présentes en grande quantité. . Leur nom prend racine du grec ophis, serpent et oura, queue.

Les ophiures sont plus graciles que les étoiles de mer dont elles sont les cousines dans le groupe des échinodermes. Elles présentent un disque central aplati, arrondi ou pentagonal d'où se détachent cinq longs bras frêles, plus ou moins épineux, parfois ramifiés comme chez le gorgonocéphale.

Les bras sont composés de plaques calcaires articulées qui facilitent la reptation. Les ophiures ne possèdent pas ces innombrables petits pieds à ventouses (les podias) des étoiles de mer. Les bras, contrairement à ceux des étoiles de mer,  ne renferment ni estomac, ni gonades.

Les piquants ont probablement un rôle tactile et défensif. Les ophiures n'ont pas d'anus et rejettent les déchets de leur ingestion par la bouche.

 

Une galerie de portraits

 3 ophiures faciles à identifier en plongée sont les suivantes:

 

 

L'ophiure noire (Ophiocomina nigra ) omniprésente dans les eaux turbides et dans les ports.. Sa densité peut être vraiment importante sur certains sites associée avec l'ophiure fragile. Cette densité ne signifie nullement que les eaux sont polluées mais qu'elles sont propices et chargées en aliments!

L'ophiure noire est dotée d'un grand pouvoir de régénération et un bras arraché par une blennie gourmande repoussera rapidement.

 

 

L'ophiure fragile (Ophiothrix fragilis)  bras velus très cassants et reconnaissables au fait qu'ils sont bicolores. On l'appelle aussi ophiure singe pour l'aspect « velu » de ses bras. Elle peut atteindre des densités considérables lorsque les apports nutritifs sont importants. On parle de plus de 10 000 individus au m2 en Bretagne. Elle craint la lumière et se cache donc sous les pierres ou dans les épaves.

 

 

L'ophiure lisse (Ophioderma longicauda) est la plus grande des 3 avec des bras longs dépourvus de piquants ou de poils, sa couleur est généralement brun clair et d'aspect cuir.   

 

 

Le Gorgonocéphale (Astrospartus mediterraneus) souvent visible  sur les gorgones rouges dans la zone des 40 m, activité plutôt nocturne et très sensible à la lumière de nos phares qui le font se recroquevillé, ses 5 bras se dédoublent rapidement en 10 bras semblable à une chevelure.

 

La reproduction           

Les ophiures ont des sexes séparés. Lors de la période de reproduction, comme tous les échinodermes, elles se rassemblent et émettent leurs gamètes dans l'eau, c'est là qu'a lieu la fécondation…

Chez les ophiures antarctiques les œufs puis les embryons se développent dans des bourses internes. Le nombre d'œufs et de jeunes ne semble pas dépasser la centaine.

 Une ophiure de l'Atlantique, dépourvue de bourses génitales, protège ses petits en les couvrantCertaines ophiures tropicales se caractérisent par la présence d'un mâle nain fixé à demeure sur la femelle, bouche contre bouche.

 

La nutrition

Les ophiures sont soit suspensivores, soit brouteuses, soit fouisseuses ou encore carnivores. Les ophiures vivent enfouies dans les sables coralliens à fort taux d'apport terrigène. Dans la journée, elles dressent leurs bras hors du sol afin de filtrer les particules nutritives en suspension dans l'eau.

D'autres se trouvent complètement rétractées le jour dans les interstices des coraux ou bien dans les anfractuosités des blocs calcaires puis la nuit elles s'étalent dans les zones de courants afin de se nourrir.

Certaines ophiures présentent également la particularité de pouvoir s'accrocher à des organismes variés tels que des alcyons, des gorgones, des éponges, des crinoïdes pédonculés voire des holothuries. Elles se servent de ces organismes comme d'une perche pour attraper ou filtrer les particules du courant.

Les ophiures antarctiques sont carnivores et mangent des vers, des mollusques, des crustacés voire d'autres ophiures.

 

Pascal Zani

 

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