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Requins à la Réunion : Paroles de spécialistes

Depuis dix-huit mois, les spécialistes de tout crin se sont penchés sur la problématique des squales à La Réunion. Morceaux choisis.

 

Fred BUYLE, ancien recordman du monde d’apnée, spécialiste du marquage de requins après sa participation pendant quinze jours à une opération à La Réunion.

“En 25 ans de plongée en eaux tropicales, je n’ai jamais observé si peu de requins (ndlr : huit en dix-sept plongées à la Réunion). Curieusement, ils étaient très furtifs, timides, ils se sont rarement approchés malgré les appâts sonores ou à base de morceaux de poisson (…) Selon moi, il y a très peu de requins dans ces eaux tropicales, d’ailleurs peu poissonneuses. Il n’y a pas de risque requin à La Réunion, mais un problème humain. On a tendance à oublier que la mer reste un milieu naturel et non sécurisé et que les requins sont des animaux sauvages. À La Réunion, on n’est pas souvent confronté aux requins, d’où cette peur panique. Sur les plages d’Afrique du Sud ou d’Australie, des panneaux énoncent les dangers et les comportements à adopter. Il y a tous les ans des accidents, mais les usagers ont intégré cela et vivent avec".

 

 

Marc SORIA, chercheur à l’IRD, commentant les premiers relevés de l’opération préliminaire de marquage des requins tigres et bouledogues.

"Les relevés indiquent la présence de requins bouledogues surtout près des balises de la réserve marine, en journée, contrairement aux idées reçues… Ça pose plus de questions que ça n’en résout"

 

 

Bernard SERET , l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des requins, biologiste à l’IRD et au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, évoquant les prélèvements autorisés à l’époque par la préfecture.

"La pêche, c’est une vaste tuerie. C’est bon pour faire plaisir au peuple. On sacrifie le requin sur l’autel de la bêtise. Aux Seychelles, à la suite des accidents, des dizaines et des dizaines de requins ont été massacrés au nom de la pêche préventive. Des autopsies ont été effectuées et aucun reste humain n’a été retrouvé. Parmi ces requins qui ont été tués se trouvaient des espèces totalement inoffensives (…). Ce n’est pas une solution. À mon sens, il est préférable d’éduquer les surfeurs et leur faire comprendre qu’ils ne sont pas dans leur milieu. Que le risque ne sera jamais nul. On pourra toujours préconiser des mesures de prévention mais le danger ne sera jamais éradiqué. Sinon, il faut éliminer les requins. Vider la mer de ses poissons est une aberration".

 

 

Jean-Bernard GALVES , passionné, plonge depuis quarante ans et a côtoyé des centaines de requins.

"Nous devons apprendre à vivre avec cet animal que l’homme a érigé en mythe. On ne peut pas décréter l’élimination de tout ce qui nous gêne. Et les systèmes de protection connus ne fonctionnent pas. En Afrique du Sud, on est en train de revenir sur les filets et les drum lines ont pour effet d’attirer des requins qui ne seraient pas venus normalement. Profitons de la mer mais sachons qu’il y a un risque. Le matin, mon fils fait du surf à 6 h 30, j’ai peur pour lui mais je ne veux pas l’empêcher de vivre ce qu’il veut vivre. Je ne veux pas que ce soit moi ou l’État qui décide de sa sécurité".

 

 

Géry VAN GREVELYNGHE , médecin devenu spécialiste des requins et fondateur de l’association Squal’idées revenant sur les causes des attaques de requins.

“Pendant longtemps, on a estimé que les accidents avec les requins étaient dus aux imprudences et, donc, on n’a rien fait"

 

 

Fanch LANDRON , à la tête de l’association Squal’idées, médecin généraliste et auteur d’une thèse en 2006 sur les attaques de squales dans l’île.

"Les requins recensés à la Réunion sont des espèces de grande taille. Ce sont notamment des requins bouledogues et tigres. Ces derniers se nourrissent de poulpes, de tortues et de poissons osseux. On pense que l’eau trouble est un facteur important dans les rares attaques recensées. Privé du sens de la vue, le requin en quête d’une proie s’appuie alors sur les sens du toucher et du goût. Après la phase d’approche, il fait ce qu’on appelle une “morsure d’investigation" afin d’identifier sa proie. La victime est surprise car, contrairement à ce qu’on voit dans les films, le requin vient alors du fond. C’est ce qui explique les blessures graves lors des attaques"

 

Source: clicanoo

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