SCUBA - PHOTOGRAPHY

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Un requin vivant découvert sur la plage...

Le squale trouvé lundi sur la plage d’Agon-Coutainville (Manche) est un adulte mâle, de l’espèce des requins féroces, qui ne présente pas de menace pour l’homme. Les spécialistes s’étonnent de sa présence dans la Manche.

Quelle ne fut pas la surprise de Gérard, en vacances à Agon-Coutainville, quand il a découvert, ce lundi, à 10 h 30, un requin… sur la plage. « Je revenais de la pointe d’Agon, quand un cavalier m’a prévenu d’un animal échoué sur la plage, explique-t-il. Je me suis approché et j’ai découvert le requin. »

Échoué à 500 m de l’école de voile, le squale mesurait plus 2,50 m de long. « On pensait qu’il était mort et puis, à un moment, il s’est retourné, continue Gérard. Tout le monde s’est écarté et certains ont prévenu les pompiers. »

Les services de secours ont alors, à l’aide d’un canot, emmené l’animal au large, pour le remettre à l’eau au alentour de 11 h. « Il était apparemment très fatigué, explique Max Avenel, maire d’Agon-Coutainville. On a eu peur qu’avec la marée, il s’échoue de nouveau, mais il a finalement repris la mer. »

Après avoir inquiété touristes et plagistes, le requin échoué fait désormais jaser les spécialistes. Les premiers observateurs ont cru voir un requin taureau. Il s’agirait en fait d’un requin féroce, odontaspis ferox de son nom scientifique.

 « Un mâle adulte », précise Samuel Iglesias, maître de conférence au Muséum d’histoire naturelle de Concarneau, spécialiste des requins et des raies. « C’est d’autant plus surprenant que cette espèce vit en eau profonde, contrairement au requin taureau qui évolue plus près des côtes, s’étonne le chercheur. C’est la première fois que j’en vois un en Europe. J’en ai observé en Nouvelle-Calédonie, mais il avait été pêché dans des eaux profondes. »

Le requin se serait donc perdu. « Il a aussi pu être pris dans un engin de pêche et relâché ensuite, affaibli », avance Samuel Iglesias. Pour lui, l’animal a peu de chance de survivre. « Il est resté longtemps hors de l’eau et a été traîné par la queue, par un tracteur. Ses vertèbres sont sûrement déboîtées. »

Marie-José Turbelier, de l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (APECS), pense également que le requin n’ira pas loin : « Il est fatigué et s’échouera sûrement sur une autre plage. Si c’est le cas, nous aimerions pouvoir l’examiner, pour comprendre un peu plus son parcours. » Marie-José Turbelier insiste : « C’est vraiment exceptionnel. »

Surprise aussi, Muriel Baron, du Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (GECC), basé à Cherbourg. « Nous observons surtout les mammifères marins, le grand dauphin notamment. Mais nous avons été surpris par la présence de ce requin dans la Manche. Il appartient à la famille des lamniformes, un ordre de requin reconnaissable par ses deux nageoires dorsales, sa nageoire anale, ses cinq fentes branchiales, ses yeux sans membrane protectrice et sa bouche étendue derrière les yeux. Ils évoluent dans des eaux chaudes : l’Océan Indien, le Pacifique, l’Atlantique ou encore la Méditerranée. Mais pas dans la Manche jusqu’à présent. »

Elle poursuit : « C’est un grand migrateur. Cette fois, il est sûrement allé trop loin au nord. C’est très rare. »

Samuel Iglesias se veut rassurant : « Il n’y en aura sûrement pas d’autre. Et normalement, il n’y a aucune chance pour un baigneur de se retrouver nez à nez avec un requin féroce. Si tel était le cas, pas d’affolement, car l’espèce est piscivore. Elle se nourrit exclusivement de poissons. Si d’autres requins féroces sont aperçus dans les parages en revanche, il faudra se poser des questions. »

Personne ne sait encore pourquoi l’animal a échoué sur la côte. C’est le deuxième requin qui échoue sur les plages de la Manche en ce mois d’août. Un requin plus petit avait été retrouvé à Cabourg, le jeudi 2 août.

 

Source: Ouest France.fr

 

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