SCUBA - PHOTOGRAPHY

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l'actualité sous-marine en image

Yanis et ses envies de bulles...

J'ai maintenant 17 ans, et je voudrais tant plonger plus souvent en bouteilles, car l'inoubliable découverte de la respiration sous marine et les immersions suivantes sont si vivement ancrées dans ma mémoire ! 

Mais papa n 'est malheureusement plus là, et je dois trouver un moyen pour progresser et devenir vraiment bon plongeur autonome.

J 'ai appris par cœur le livre du GERS et vide maintenant mon masque en apnée, le dos au fond, pour épater les filles qui se prélassent au gouffre où je réponds aux questions des copains, à qui je récite les lois de Boyle, Dalton et Henri, tout en évoquant par principe la mémoire du flottant Archimède, inventeur de la baignoire...


Le soir au lycée, je consulte souvent les tables de plongée jointes au bouquin, simulant deux plongées profondes à moins de 6 heures d'intervalle et calculant de longues, très longues durées de paliers que je termine héroïquement au caisson à la suite d'une panne d'air, sous le regard éploré de nombreuses admiratrices...


Les revues dévorées le soir en étude vantent les charmes et les mérites d 'équipements somptueux, de la combinaison Piel « thermosoudée »à la rolex « Oyster » en passant par le masque « Naso », les palmes « jetfin »,le détendeur « Aquamatic »ou « royal mistral », le téléphone sous marin »Yak Yak »le profondimètre et le masque« Marine Nationale », le poignard amagnétique, et le bi « corailleur »par ailleurs utilisé par les cousins sud catalans de mon père qui cueillent toujours l' or rouge dans les fours à corail du cap Creus, et me montrent discrètement le contenu des vastes paniers d 'osier qu'ils vendent à Brindisi...

Quand ils ne plongent pas, ils me laissent découvrir en apnée les sites magnifiques de leur environnement, et c 'est ainsi que les alentours des poissonneuses iles Medes m 'ont causé un coup de foudre qui dure toujours.
Ils me guident parfois, bien que trop rarement, à travers les grottes sous marines qui en trouent les assises en me tenant par la main, peu confiants en l 'impétuosité de mon imprudente jeunesse, car ces anciens scaphandriers qu'ils sont savent ce que plonger veut dire.


Ils m 'ont appris comment faire revivre la chatoyante couleur sang de bœuf des branches en les immergeant dans une solution d 'eau de Javel, et c 'est ma fierté que de les exhiber dans la vitrine au milieu de coquillages divers, près d'un col d 'amphore trouvé entre les deux tunnels et d'une gorgone rouge assoupie sur un caillou qui semble peu goûter ce régime sec, malgré la présence de deux petites rascasses desséchées au formol et la photo de papa en scaphandre qui en décore le fond.
Un ami de mon âge, H D... plus gâté que moi, me passe parfois en douce une bouteille de 10 litres aux trois quarts dégonflée dont son père a volontairement caché le détendeur.

Un gendarme plongeur, A B... me prête alors son Mistral standard de dotation, et je vais à pied buller avec délectation derrière la jetée, souvent sur la réserve de la bouteille, respirant parcimonieusement un air froid au goût de ferraille, et contemplant mes bulles, en espérant que des curieux admiratifs seront au rendez vous, car peu de gens pratiquent cette activité.
En général, ce sont plutôt des pêcheurs à la ligne qui me demandent en râlant d 'aller jouer ailleurs, ou me prient de bien vouloir leur cueillir quelques moules susceptible de leurrer quelques daurades affamées.


En sortant de l 'eau, je m 'arrête un instant devant le nouveau club de plongée voisin dont j'écoute avec ravissement le bruit du bruyant compresseur qui signale la fin de sa mission par un bref et puissant souffle sonore suivi de l 'apparition de quelques rares plongeurs de gris vêtus porteurs de grosses bouteilles d'un jaune étincelant auxquelles pendent les tuyaux baladeurs de leurs détendeurs dont j 'essaie d 'identifier la marque, en général espagnole.


L 'un d 'eux, R V...qui fut déporté avec mon oncle, regonfle parfois ma bouteille et m 'amène à bord d'un beau luzien vers les décors somptueux du sec du cap Rédéris où la lente descente vers un fond lointain est émaillée de découvertes incroyablement variées, car ce site d'une incroyable richesse constitue un paradis pour la faune et la flore de notre côte vermeille. J 'y compte 12 mérous et des quantités invraisemblables de canthères au nez mutin derrière lesquelles se prélassent en peine eau de gros dentis à l'oeil noir.

Quand il en trouve les enseignures et parvient à grappiner les épaves qui longent le cap Béar, nous plongeons dans le bleu vers le Saumur, L ' Astrée ou le Saint Lucien avec des conditions de visibilité souvent mauvaises et parfois incroyablement transparentes où la peur se mêle à l 'ivresse de la découverte....ou de la narcose, car j 'entends fréquemment R émettre de curieux gloussements auxquels je réponds par des éclats de rire qui inondent mon masque et ma combinaison, tandis que le mistral crie sa désapprobation dans mon dos en émettant de sonores et sifflants échos dans ma bouteille.


Nos incursions sur les épaves durent dix minutes, et sont suivies d 'une lente remontée dont le palier constitue la glaciale conclusion, malgré la tiédeur des couches d 'eau proches de la surface.
Du palier, nous contemplons souvent la coque du « llagut » de mr A... qui nous affirme qu 'il adore tremper le fil derrière nous, estimant que la vase soulevée par nos palmes attire motelles de fond et chapons vers son hameçon.


R V.... m 'a promis de me faire embaucher au pair au club de plongée pour la saison d'été, ce qui me permettra de progresser et de m 'équiper car le matériel y est fourni, ainsi qu'une combinaison sur mesures.


Je sais que des travaux d 'entretien divers m 'attendent, au bout desquels se trouvent des plongées, nombreuses et variées, et des diplômes...

Si vous saviez à quel point le verre de Banyuls ambré servi au bar du club a bon goût en cette fin de matinée printanière...


C 'est décidé, je serai plongeur professionnel comme papa et pépé Constantin...

 

 

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