Le film qu'on peut rater ce soir…

June 28, 2012

Ce jeudi 28 juin à 20h50, TF6 diffuse Les Dents de la Mer 4: la revanche, un film réalisé par Joseph Sargent en 1987. Il s'agit du quatrième et dernier épisode de la saga initiée par le « chef-d'œuvre » de Spielberg en 1975. Au casting: Lorraine Gary, Michael Caine, les dreadlocks de Mario Van Peebles, un scénario qui fuit, un bateau banane et un gros requin en carton. Bref, un véritable sinistre.

L'histoire, parce qu'il y en a une

"La petite station balnéaire d'Amity a retrouvé son calme depuis quelques années. L'un des fils d'Ellen, la veuve du shérif, a repris le poste de son père et, alors que plus personne ne croyait à la malédiction du grand requin blanc, celui-ci est attaqué et dévoré par un nouveau monstre. Ellen est persuadée que le requin en veut à sa famille..."

Un scénario submersible

Le film a la prétention de raconter l'histoire d'un requin blanc qui parcourt des milliers de kilomètres pour se rendre aux Bahamas -ça fait de jolis plans ensoleillés-, afin d'éradiquer les proches du chef Brody, héros du premier film. En clair, l'ultime combat de la mamie Brody contre le requin en toc, un Monte-Cristo version carcharodon carcharias. Tout réside dans l'accroche abracadabrante de l'affiche:

"Cette fois, c'est personnel."

Cette fois, c'est irrationnel plutôt. Le scénario se noie dans un océan d'invraisemblances. Il ignore ainsi totalement les événements du troisième épisode, déjà regrettable mais divertissant. Ainsi, le personnage du petit frère terrifié par l'eau devient ici...garde-côte. Autre échouage scénaristique du film, les flashbacks du personnage principal, la veuve du chef Brody. Ceux-ci reprennent des plans du premier film de Spielberg. Reyclage fatal. En effet, celle-ci n'a pas du tout assisté aux scènes en question. Comment peut-elle s'en souvenir? Le numéro 4 s'assied complètement sur cette contradiction.

Michael Caine, pas très fin limier

Imaginez Laurence Olivier dans Godzilla 4 la revanche. Telle est l'impression dégagée en constatant que Sir Michael Caine se compromet dans ce naufrage. "J'ai un petit rôle là-dedans, j'étais nommé pour l'Oscar, je devais juste jouer ce petit rôle, ça devait durer dix jours. Et évidemment, ces dix jours sont tombés en plein pendant la cérémonie, j'étais coincé, contractuellement engagé, je ne pouvais pas partir. Ce fut un désastre, le film aussi" confie-t-il à IGN Movies.

La légende raconte que le comédien aurait également déclaré: "Je n'ai jamais vu le film, mais tout le monde me dit que c'est terrible. Par contre, j'ai vu la maison que j'ai pu me construire avec, elle est vraiment géniale." L'avantage pour l'acteur, se dorer la pilule sous le soleil des Bahamas. Et participer à des scènes au montage douteux: à l'instar de celle où, alors qu'il sort tout juste de l'eau, le plan suivant montre sa chemise parfaitement sèche...

Des effets spéciaux incroyables, au sens propre du terme

Car personne n'y croit une seconde. Pour le critique Roger Ebert, "les maquettes du requin sont si lentes qu'on dirait qu'elles se reposent sur les bateaux au lieu de les attaquer. La créature la plus effrayante du film est une anguille". Les trucages complètement ratés sont légion: la présence à l'écran du rail sur lequel glisse le faux requin, sa gencive en baudruche qui éclate tel un furoncle, jusqu'à la scène finale, apothéose nanar qu'Ed Wood n'aurait pas reniée. On y voit la veuve Brody à la barre d'un bateau qui navigue à deux kilomètres à l'heure. Elle fonce sur le requin. Celui-ci bondit hors de l'eau rugissant tel un lion -rugissements audibles à l'écran, voir vidéo ci-dessous. L'animal revanchard se fait poignarder (!) par la proue du navire, et explose (!) comme s'il était gavé d'explosifs. Ajoutez à cela une nouvelle fois un montage incohérent, qui alterne plans filmés aux Bahamas, et plans filmés dans un bassin à Hollywood. Le hic: la météo n'est pas la même, et on voit l'eau clapoter sur le mur du bassin du studio.

La sanction fut rapide. Le film sombra au box-office mondial avec seulement 51 millions de dollars, contre plus de 80 pour le numéro 3, 208 pour le numéro 2, et enfin 430 pour le film de Steven Spielberg. Il est par ailleurs un des rares films à afficher une moyenne de zéro sur le site Rotten Tomatoes.....

Qu'il repose au large.....

Source: Express Culture

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